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Bilan et coup de gueule

J’ai très fort envie de commencer par ce coup de gueule… j’ai du mal à m’en remettre.
Je suis de nature sensible et ça me donne envie de pleurer. D’ailleurs les larmes sont venues toutes seules en écrivant…
Pourtant, je la connaissais, cette ancienne connaissance (via nos enfants), belle, jeune, infirmière, dynamique, pétillante… je savais qu’elle m’avait déjà fait du mal auparavant en minimisant mes ressentis. Mais c’était tellement pas croyable («Tu viens d’apprendre que tu rechutes ? Mais faut garder le moral ! Et se battre !» alors que t’as du mal à encaisser et que tu sais que tu vas souffrir des mois de chimios sans savoir si ça marchera ou pas).
Aujourd’hui, je la recroise après de longs mois sans s’être vus, et même discours… elle me demande de mes nouvelles. Je lui parle de tout, de rien. Et dès que je lui dit que l’après cancer n’est pas si facile, dès que j’aborde mes peurs, elle me coupe la parole et dit :
-«Non mais ok, attend : dans un coin de ta tête il y a la possibilité de la maladie et sa récidive, mais c’est tout ! Faut vivre, faut y croire, (arrête ton cinéma quoi !)».
Et plus j’essayai de lui expliquer, plus elle me coupait la parole en me disant «arrête, faut pas voir les choses comme ça, tu vois tout en noir…».
Désespérant.

—-

Alors le bilan, rapide parce que je suis enragée de tant d’injustice et d’incompréhension, et de paroles déplacées.

J’ai repris le travail en décembre et la majorité de mes collègues sont de vraies poufs. Il y a plein de ragots qui circulent que je prendrai la place d’untel en congé maternité, etc… que des inventions.
Il y a un resto d’équipe la semaine prochaine, je l’ai vu sur des papiers, et personne ne me demande si je viens…
Bref, intégration un peu ratée.
Je suis quand même contente d’avoir repris le travail, parce que j’ai à nouveau une vie sociale, je mange au self, j’ai une vie à peu près normale quoi.
J’ai fini le brentuximab hier… je ressent déjà des douleurs sous l’aisselle. Mais j’essaie de ne pas y penser. Mais c’est impossible.
Je tousse encore un peu, des résidus d’une bronchite récente…
Heureusement je m’accroche plus que tout à ma dernière crp qui est à 1. Je me demande s’ils n’ont pas oublié le 0 après le 1 au labo (c’est déjà arrivé qu’ils se trompent sur la diurèse des 24h…), mais j’essaie de me persuader que non.

J’essaie de vivre, j’essaie d’être heureuse. Enfin plutôt de ne pas être trop malheureuse.
Je fais bonne figure.
Et quand parfois je parle un peu de mes ressentis, et que je me prend une claque dans la figure, c’est vraiment dur. Même de la part d’une connaissance que je ne reverrai probablement pas avant 1 an ou 2 ou jamais.
Je devrais voir un psy, ceux de mon hôpital sont tellement souriants que c’est contagieux… en plus, tout ce que je leur dit, ils l’ont tellement entendu que tout leur paraît normal. Il faudrait que j’aille voir un psy extérieur au centre anti-cancer mais c’est cher (au moins 50 euros  la séance).
J’ai parfois l’impression d’être dans une impasse. Que ma vie est une impasse. Je commence à désespérer de ne jamais revenir comme avant, ou du moins de ne jamais accepter de ne pas être comme avant. J’avais déjà des peurs sur tout et rien, mais au moins j’étais, à peu près (comparé à un cancer), en santé.

Mon Dieu faites que ce Hodgkin de me*** soit définitivement sorti de ma vie.

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Un pas vers la reprise du travail – horizon 2016 :)

Récemment, j’ai eu rdv avec ma responsable en chef en vue de ma reprise (en mi temps thérapeutique) en janvier 2016. Une bouffée d’air frais, d’espoir m’envahit depuis.

Vais-je reprendre une vie à peu près normale ? C’est vrai ? Ça peut encore m’arriver ?

En plus, j’ai eu un accueil super de sa part. Très professionnel, comme elle est, mais tellement humaine. Ses mots, pas compliqués pourtant (!), m’ont beaucoup touchés, elle m’a dit 2 fois qu’ils étaient heureux de me voir revenir («à la maison» j’ai failli dire hihi). Je savais qu’elle avait un bon fond (pour les rares fois où je l’ai croisée dans mon parcours professionnel), mais pourtant, j’avais une petite peur… qu’on me fasse comprendre que, n’ayant pas le même rendement qu’avant, ça poserait souci.
Et pourtant, il va falloir me trouver un nouveau poste, donc c’est du travail.

Et il n’y a pas qu’elle. À chaque fois que je viens dans les locaux administratifs, j’ai toujours des phrases réconfortantes ou encourageantes pour la suite. Venir déposer mes arrêts de travail est un plaisir ! J’en profite pour dire bonjour à une adjointe aux cadres qui s’était occupée de mon «dossier» en début d’année, rappelant au passage que je suis à nouveau de retour, en espérant que ce soit la bonne cette fois, et puis récoltant encore au passage un petit mot encourageant :)
Il y a aussi la conseillère en formation, l’équipe de médecine du travail, et tous les collègues qui me reconnaissent.
Je me trouve très chanceuse d’être salariée, en CDI, là-bas.

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Reprise de travail…

Malgré le fait que les traitements soient terminés, la rémission complète, ma grande envie de retourner au boulot, un combat auquel je ne m’attendais pas survient  : la reprise du travail.
Entre autre, je ne pensais pas avoir besoin de prendre rdv avec une assistante sociale pour comprendre le labyrinthe qui est devant moi, et m’aider à agir du mieux possible.

Reprise de travail... dans Psychologie... obstacle1

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