Psychologie...

Réflexions

La maladie m’a fait découvrir quelque chose.
Tout le monde a déjà vécu une coupure d’électricité, et se rappelle, une fois perdue, à quel point l’électricité lui était nécessaire. Nombre de choses que l’on a passent inaperçues tellement nous sommes habitués à leur présence.
Mais quand on a un cancer, beaucoup de choses frappent par leur absence. On découvre ces choses-là petit à petit…

Et il y a une perte qui ne se voit pas, parce qu’en plus, nous n’avions pas vraiment conscience de ce que nous faisions avant… Que nous avions en nous, naturellement, une confiance en l’avenir, agréable, pleine d’espoir, qui va forcément de l’avant.

Combien de fois par jour faites-vous des projections dans l’avenir ?
C’est difficile de les compter, car on en fait tout le temps (sauf si vous pratiquez la méditation, ou la pleine conscience, ou que vous faites du yoga ou que vous êtes un maître zen). Exemples :
- «je fais un gâteau» -> projection : «ça va plaire à machin, on le mangera sur la terrasse au soleil cet après-midi…»
- «je prend ma douche» -> projection au choix : «je n’aurai pas à le faire demain (rrooh)» ou «je mettrai tels vêtements après» ou «à telle heure il faut avoir fini pour aller au marché etc.»
Ça, c’est pour le court terme. Les jours suivants les chimios on ne peut même plus se le permettre. Ce sera «Voyons d’abord si je suis capable de faire la 1ere chose. Après, on verra.»
Puis on va un peu mieux, on peut envisager des choses dans l’heure qui suit (autre que rester sur le canapé évidemment), puis le lendemain, puis éventuellement 2-3 jours après.
Ensuite, vient l’arrêt des traitements. On se sent de mieux en mieux. Les projets peuvent aller plus loin dans le temps. Quel bien ça fait ! Inviter des amis pour la semaine suivante sans avoir trop peur de devoir annuler, prévoir de partir en we par ci ou par là…
Et puis la forme revient encore ! Mais la confiance en l’avenir ne revient plus comme avant, non.
Aujourd’hui, j’ai de la visibilité sur l’échelle d’un mois, à peu près. Et la question que je me pose est :
- «Est-ce que d’ici là on ne m’aura pas trouvé un gros ganglion quelque part, lançant à nouveau les procédures d’examens, biopsie etc. ?»
Jusqu’où est-ce que je peux me projeter ? Rien n’est certain.
Les pensées viennent toutes seules. Par exemple, je pense tout naturellement que j’aimerai bien être élue parent d’élève l’année prochaine. Ah oui mais stop. Il y a un gros frein là… Hodgkin. Es-tu toujours là ? Te caches-tu sournoisement ? Ou bien es-tu vraiment parti ? Quelle souffrance de constater ces incertitudes à chaque fois que l’on rêve de choses heureuses pour l’avenir. D’ailleurs, j’aurai bien aimé être représentante des parents à la crèche l’année dernière, et je n’ai pas pu… Ça, c’est un fait.
Je rêvais souvent de mes prochaines vacances, des destinations… maintenant ce n’est plus un plaisir. Hodgkin vient se rappeler sans cesse à moi sans que je ne lui ai rien demandé.
Avec un enfant, je fais beaucoup de projections. C’est normal, j’aime voir mon fils grand et intelligent (bien qu’il le soit déjà :) ). J’ai envie de le voir grandir, de participer à sa vie, avoir mon rôle de maman.

Bref, j’ai perdu cette capacité à faire des projections dans les années à venir.
Plus le temps passera, et les risques de rechutes diminuant, plus, j’espère, j’y arriverai.

Mais au juste, ces projections sont-elles utiles ?
(j’ai franchement envie de répondre : «Bah non !»)

Ce qui fait que j’ai un petit problème… :
- d’une part, le cerveau fait naturellement des projections dans le futur (espérances, peurs, ou simple visualisation…) (soit dit en passant, il rumine aussi souvent le passé, enfin pas trop dans mon cas actuellement)),
- d’autre part, vivre l’instant présent, en «pleine conscience»… : plus on y arrive, plus ça fait du bien.

Pour conclure, je dirai que malade ou bien portant, arrêtons de ruminer le passé, d’imaginer le futur…. vivons le présent !
Enfin ça, je le savais avant le cancer. Ce que j’ai appris, c’est que je n’ai plus le choix maintenant : Si je veux être sereine dans ma vie, je dois m’efforcer à vivre à 100% chaque seconde à la fois.

Une réponse à “Réflexions”

  1. Le 29 octobre 2015 à 13 h 55 min Joy a répondu avec... #

    Oui je suis du forum LOL
    Faut que je lise ton article avec attention et te dirais ce que j’en pense …
    Jai moi meme un petit bout de 4,5 ans et une puce de 13 mois …

Ajouter votre réponse

Blog du niveau intermédiaire |
Cigaretteelectroniquebordeaux |
Neurosciences & Autisme |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Fouquiau
| La petite blouse blanche
| Dandycloud