Psychologie...

Symptômes : faire le tri, taire ses craintes, être patient.

Je vois aux infos tant de morts qui n’ont rien vu venir… accidents de la route, inondations, etc…
Est-ce une chance ou un malheur de «savoir» (mais vraiment, intrinsèquement) que l’on va mourir un jour et dans des circonstances que l’on ne maîtrise pas ?

——-

Je devrais profiter de la vie. Mais parfois, j’ai toujours aussi peur de la rechute (et de la souffrance des hospitalisations).
Et pourtant, je suis encore sous traitement d’entretien ! Qu’en sera-t-il quand je n’aurais plus aucun traitement en cours ?

Depuis mon dernier pet scan du mois d’août confirmant la rémission complète, j’ai eu le droit à de multiples de coups de stress. Qui supporterait tout ça ? C’est vraiment difficile. Concrètement, comment se reconstruire, comment être serein, comment ne pas voir sa vie basculer quand apparaissent :
1- une boule sous l’aisselle gauche (lieu de la récidive) en pleines vacances d’été ?
2- des sueurs nocturnes ?
3- une toux/bonchite ?
4- des démangeaisons ?
5- des douleurs au bras / épaule / aisselle gauche ?
6- une écho montrant un petit ganglion très très petit, mais qui a la tronche d’une tumeur (rond et noir).

En voyant tous ces signes, pour ceux qui s’y connaissent, c’est sûr que ce n’est guère rassurant. Mais voilà, véritables signes d’alerte ou bien faux stress intense (merci mon corps…), le temps nous le dira :
1- la boule sous l’aisselle n’était qu’un poil infecté et évoluant à la vitesse de la lumière (boule de 3-4 cm quand même), disparue après pas mal de temps et d’antibiotiques.
2- les sueurs nocturnes ont fini par disparaître elles aussi, en buvant plus, et aussi du lait de soja (pré-ménopause probablement, mais c’est tellement secondaire que pour l’instant ça ne me met pas en furie).
3- la toux/bronchite est partie avec un traitement naturel au miel de manuka. Cher, mais efficace !
4- les démangeaisons : bon, ce n’est arrivé qu’un soir mais exactement comme à la rechute… un coup de stress gratos avant de dormir.
5- les douleurs : le signe le plus persistant et le plus embêtant avec le suivant. Elles me rappellent chaque jour, chaque heure, ma condition de rémission en sursis peut-être déjà terminée… Doliprane à moitié efficace.
6- petit ganglion pas beau : je demanderai à mon hémato s’il ne faut pas surveiller ce petit pois là que j’ai sous le bras. Je temporise.

Malheureusement, c’est difficile de pouvoir parler de tout cela librement. Pourtant c’est si important, il est question de la peur de mourir ! Pourquoi est-ce si facile de raconter qu’on s’est plié un ongle et qu’on a super mal, et pas qu’on a vu à l’écho un petit truc tellement angoissant ?
C’est difficile d’en parler parce que la 1ere réaction de l’entourage va être de nous réconforter en disant que c’est probablement rien.
Ils ne peuvent pas savoir qu’en ce moment, je veux juste exprimer mes peurs. Rien de plus, rien de moins.
Et puis je ferais fuir tout le monde si j’étais tout le temps en mode «j’ai peur». Moi même, je ne pourrais pas m’en sortir. Alors je limite les informations complètes et exactes à 2 personnes en ce moment (dont mon mari bien sûr), sans parler des professionnels de la santé évidemment.

En parallèle je fais mes projets comme si de rien n’était. Je devrais reprendre le travail en mi temps thérapeutique en janvier, mais je n’arrive pas à en parler trop autour de moi. Je me rappelle de ma rechute confirmée 1 mois avant ce qui devait être ma reprise, en début d’année.

(Je pourrais aussi faire un paragraphe sur l’incompréhension palpable d’une partie de mon entourage, mais ce n’est pas le sujet. Et ça me demanderait trop d’énergie.)

Tout le monde sait que la période de la rémission n’est pas la plus heureuse.
Mais c’est dur de l’expliquer.

Heureusement, je ne vous parle que de mes craintes (mon blog est là pour que je puisse exprimer les choses difficiles). Je passe sous silence tous les beaux moments que je passe avec mon mari et mon fils. Il faudrait un 2eme blog où j’écrirai tous les jours, ne serait-ce que les progrès de mon fils, tout ce qui fait ma fierté et ma joie d’être sa mère. Je n’aurai jamais fini d’écrire ! :)

6 Réponses à “Symptômes : faire le tri, taire ses craintes, être patient.”

  1. Le 21 octobre 2015 à 16 h 56 min roman a répondu avec... #

    dans tout ce que tu ecris je me reconnais a part que je suis plus agee que toi je viens de faire ma 3eme chimio j en ai 4 a faire et radiotherapie si le petscan est bon c est pas facile merci de ton temoignage

    • Le 22 octobre 2015 à 13 h 20 min monhistoirebanale a répondu avec... #

      Merci Roman pour ton commentaire :)

      C’est sûr que c’est difficile. Il faut des «recharges» d’amour et d’amitié régulières et fréquentes pour mieux traverser tout ça…

      Je te souhaite un pet scan nickel et bon courage pour la suite :)

  2. Le 25 octobre 2015 à 22 h 11 min Joy a répondu avec... #

    Qu’est ce que je me reconnais dans tes paroles, tes peurs, tes interrogations … Meme si nous n’avons pas la même maladie je suis vraiment touchée par ton histoire et ton parcours qui comme le mien est long et pleins d’interrogations qui resteront sans reponses …

    • Le 27 octobre 2015 à 10 h 19 min Caroline a répondu avec... #

      Merci Joy :)

      Je suis touchée que des personnes prennent le temps de me lire, alors que ce blog est loin d’être un conte de fée.

      Une des choses que je trouve le plus dur, et tient ça me donne envie de l’écrire sur un prochain petit article, c’est de réussir à vivre au jour le jour. Même seconde par seconde. Notre cerveau a besoin de se projeter dans l’avenir. Et pour nous, l’avenir est incertain.

  3. Le 28 octobre 2015 à 17 h 23 min Joy a répondu avec... #

    Cest exactement ce que je n’arrive plus à faire … Me projetter …
    Avant la maladie je faisais tjs des projets, a cours ou long terme, ma vie était ainsi, un besoin pote moi … Aujourdhui ma peur de la rechute, l’année que je viens de traverser me tétanise et m’empêche de me projetter meme a un mois … J’ai presque du mal à me reconnaître … Jai du mal a passer au dessus … Pourtant j’essaie mais c’est comme si j’y croyais pas au fond de moi …

    Comment passer au dessus, comment réussir à vivre avec une épée damocles ?! Mon obsession est de voir mes petits bouts grandir … Je veux avoir 50 ans devant moi … La maladie nous a enlevé cette insoucience …
    Jai rdv avec une psy de la ligue et je pense faire la thérapie de groupe afin de discuter et partager ce mal etre que la maladie m’a apporté … Affaire à suivre …

    • Le 29 octobre 2015 à 10 h 02 min Caroline a répondu avec... #

      Tu dis : «j’essaie mais c’est comme si j’y croyais pas au fond de moi …»
      C’est ÇA. C’est exactement la phrase, les mots que je dirai.
      (et avec les enfants, ça sert encore plus le cœur… moi j’ai un petit bout de 2 ans bientôt 1/2).

      J’ai écrit l’article dont je te parlai, je ne sais pas si tu as vu. J’avais tellement de choses à sortir, et j’ai du mal à exprimer les difficultés ressenties, mais j’ai essayé de retranscrire tout ça.

      La thérapie de groupe, ça c’est une idée à garder dans un coin de la tête ! Tu me diras si ça t’a aidé ? (Tu es Joy du forum j’imagine, j’irai voir ton file)

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